Mohamed El Habib Ben Salem, une plume au service de l'enfance tunisienne
Il n'a jamais cessé de croire qu'un enfant qui aime lire est un enfant qui apprend à grandir
Un instituteur devenu conteur
Entre 1922 et 1997, Mohamed El Habib Ben Salem a mené de front deux vocations rarement réunies avec autant de constance : celle d'éducateur et celle d'écrivain. Toute sa carrière tourne autour d'une conviction simple, qu'il a mise en pratique plutôt que théorisée : un enfant se construit autant par les livres qu'il aime que par les leçons qu'on lui impose.
Du kouttab du village jusqu'à la Zitouna
Né le 13 septembre 1922 à El Metouia, dans le gouvernorat de Gabès, il fait ses premiers pas d'élève au kouttab de son village avant de rejoindre l'école primaire locale. Ce parcours le mène jusqu'à Tunis, où il poursuit ses études à la mosquée-université de la Zitouna : diplôme de tahsil en 1942, puis certificat d'aptitude supérieure en lettres en 1947, et enfin une licence en charia et théologie obtenue en 1969, à un âge où beaucoup auraient déjà clos leur formation.
De la salle de classe à la direction d'école
Sa carrière débute dans l'enseignement primaire, puis évolue vers des postes de direction, notamment à l'école de Benzart et dans plusieurs établissements de la capitale, avant qu'il ne termine sa vie active dans le secondaire. Partout où il passe, il défend la même idée : la lecture libre n'a de sens que si elle procure du plaisir, jamais si elle est vécue comme une contrainte de plus.
Une œuvre construite pour être lue par les jeunes
Son écriture privilégie toujours la clarté et le rythme du récit, sans jamais sacrifier la portée morale de l'histoire. Voici les titres qui jalonnent sa production :
Raconter pour transmettre
Il se sert du conte comme d'un détour habile : là où la leçon frontale butte, l'histoire avance. Ses personnages et ses intrigues portent, sans lourdeur, des valeurs qu'il souhaite voir grandir chez ses jeunes lecteurs :
Une présence active parmi les gens de lettres
Son engagement ne se limite pas à l'écriture solitaire : membre de l'Union des écrivains tunisiens, il participe régulièrement à des rencontres et colloques littéraires. Plusieurs distinctions viendront saluer, au fil des décennies, la constance de son travail au service des jeunes lecteurs.
Une dernière page, un nom qui reste
Il s'éteint à Tunis le 3 janvier 1997, à l'âge de 74 ans. Depuis, son nom continue de circuler dans les travaux consacrés à la littérature de jeunesse tunisienne, et les milieux littéraires le reconnaissent volontiers comme l'un de ceux qui ont consacré l'essentiel de leur œuvre aux plus jeunes.
En guise de dernière ligne
Tout commence dans un petit village, au kouttab d'El Metouia ; tout se structure à la Zitouna ; et tout se prolonge, des décennies durant, entre salles de classe et pages pour enfants. Ce qui compte, dans ce parcours, ce n'est pas seulement le nombre de titres publiés : c'est l'idée, mise en œuvre avec constance, qu'un livre bien choisi peut accompagner un enfant qui grandit et l'aider à mieux comprendre le monde.