À Oudhref, dans le gouvernorat de Gabès, en 1885, cette famille se tient devant sa modeste demeure rurale, dans une scène qui témoigne du quotidien des habitants du Sud tunisien à la fin du XIXe siècle. Oudhref était alors un village où la vie s'organisait autour de la terre, du travail manuel et des liens familiaux, et où les habitations se construisaient avec des matériaux locaux adaptés au climat, offrant une protection contre la chaleur estivale.
Une architecture de pierre calcaire blanche
Derrière la famille se dresse une ancienne bâtisse édifiée en briques et pierres calcaires locales, un matériau qui confère aux murs cette teinte claire et cette texture rugueuse si caractéristique. Les blocs calcaires, épais et massifs, sont soigneusement empilés les uns sur les autres, et le temps y a laissé des marques bien visibles.
Pourquoi des murs épais et des ouvertures étroites ?
L'épaisseur des murs, la petite taille des portes et le nombre limité d'ouvertures permettaient de maintenir un intérieur plus tempéré face à la chaleur du soleil. Cette sobriété architecturale reflétait à la fois les ressources disponibles et le mode de vie des habitants de l'époque.
Scènes de la vie quotidienne
Devant cette demeure, les femmes et les enfants de la famille se rassemblent dans une atmosphère intime. Les femmes portent de longs vêtements amples et de simples couvre-chefs, tandis que les enfants sont vêtus d'étoffes larges, typiques de cette époque. Ni couleurs vives ni ornements superflus : la scène reflète les vêtements du quotidien, où la simplicité et le sens pratique primaient sur l'apparence.
Les femmes
Pivot de la vie familiale, veillant sur les enfants et assurant la cohésion du foyer.
Les enfants
Assis devant la maison, entre curiosité et réserve, observant la vie du village.
La demeure
Un espace commun où l'on conservait provisions et outils, et où se croisaient les générations.
La maison, espace de vie collective
On peut imaginer que la journée avait commencé depuis plusieurs heures : l'un des membres de la famille était déjà parti travailler, tandis que les femmes restaient pour veiller sur les enfants et gérer les affaires du foyer. Les enfants, quant à eux, passaient sans doute leur temps devant la maison, observant l'animation du village et s'amusant avec les moyens simples dont ils disposaient.
La maison de Oudhref était bien plus qu'un simple lieu d'habitation : c'était un espace où la famille vivait rassemblée, où l'on conservait provisions et outils, et où se rencontraient les générations. L'épaisseur des murs, faits de briques et de pierre calcaire blanche, faisait partie intégrante de cette architecture locale.
Un témoin blanc d'un temps révolu
Cette photographie nous conserve, dans sa représentation historique de l'année 1885, une scène de Oudhref relevant du gouvernorat de Gabès : une grande famille rassemblée devant son ancienne demeure calcaire, des enfants scrutant le monde qui les entoure, et des femmes portant les détails de la vie quotidienne — tandis que la maison blanche se dresse derrière eux, témoin d'une architecture locale façonnée par la terre et ses matériaux.
Une photographie qui fixe un instant ordinaire d'un jour ordinaire, en un temps où la famille, la maison et le travail constituaient l'essence même de la vie.