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الأحد، 1 يونيو 2025

Belhassen Jrad

Personnalités et militants
Belhassen Jrad
Belhassen Jrad — figure du Néo-Destour originaire d'El Métouia

Belhassen Jrad (1911 – début des années 1970)

Militant destourien et résistant originaire d'El Métouia
D'El Métouia à la capitale

Le militant Belhassen Jrad est l'une des figures marquantes d'El Métouia ayant contribué au mouvement national tunisien. Il fut l'un des hommes du Néo-Destour et l'un des éléments actifs de l'action clandestine et de la résistance nationale durant la période du protectorat français.

Belhassen Jrad naquit à El Métouia en 1911, et émigra vers Tunis en 1923, à l'âge de douze ans, comme de nombreux enfants d'El Métouia partis chercher du travail dans la capitale. Il s'installa avec sa famille dans le quartier de Trounja, dans la zone de Bab El Khadra.

Il reçut sa première instruction au kouttab d'El Métouia, avant que sa conscience nationale et syndicale ne se développe dans la capitale, où il côtoya plusieurs pionniers du mouvement syndical et national, dont Mohamed Ali El Hammi, Mohamed Essaïd et Mohamed Ghannouchi. Il suivait assidûment les réunions de la Confédération générale des travailleurs tunisiens (CGTT), et lisait avec intérêt la presse nationaliste — En-Nadim, Djahdjouh, Lissane Echaab, El Asr El Jadid et Es-Sawab — ce qui contribua à forger sa personnalité politique et intellectuelle.

Parcours militant
1934 — Le ralliement au nouveau parti

Il s'engagea très tôt dans les rangs du Destour, assistant assidûment à ses réunions rue de Grenade. Lorsque Habib Bourguiba et ses compagnons rompirent avec le parti en 1934, il se rangea à leurs côtés, faisant des quartiers de Trounja et Bab Souika l'un des principaux bastions du Néo-Destour ; Belhassen Jrad fut l'un des éléments les plus marquants de la section des Mataoua.

Septembre 1934 et 1938 — Les manifestations

Après l'arrestation de la direction du parti en septembre 1934, il participa à l'organisation de manifestations réclamant la libération des dirigeants nationalistes. Il prit également part aux événements du 9 avril 1938.

Après 1938 — Le « Comité de résistance »

Plusieurs destouriens échappés de prison formèrent une organisation clandestine connue sous le nom de « Comité de résistance », regroupant notamment Bechir Zorgueno, El Hadi Saïdi et Omar Ben Hmida. Le groupe mena plusieurs actions de sabotage contre l'administration coloniale, dont l'incendie du bureau central des postes.

20 octobre 1941 — L'arrestation

Belhassen Jrad fut arrêté aux côtés de Hassine Trigui, Slimane Agha, Mefteh Saadallah et Ammar Hammouda. Le tribunal colonial le condamna à douze ans de prison, avant sa libération avec plusieurs de ses compagnons le 2 décembre 1942.

Mai 1943 — Le retour à l'action

Avec la libération de la Tunisie par les forces alliées et le départ des forces de l'Axe, Belhassen Jrad reprit son activité politique et devint l'un des proches du leader Habib Bourguiba. Il joua un rôle essentiel dans sa protection durant sa traque par les autorités françaises, organisant son hébergement dans plusieurs maisons sûres du quartier de Trounja, notamment chez la militante Oum Essaad bent Yahia. Il assura également son transfert secret jusqu'à Dar El Annabi au Bardo pour une rencontre avec le consul américain Doolittle.

1949 — Le groupe des « Onze Noirs »

Au retour de Habib Bourguiba d'Orient en 1949, se constitua secrètement le groupe des « Onze Noirs », une cellule spéciale chargée de préparer l'action de résistance contre le colonialisme français. Belhassen Jrad en fut l'un des membres les plus marquants, aux côtés d'Allala El Ouaiti, Chedly Kallala, Hassan Ben Abdelaziz, El Ajimi Ben El Mabrouk, Mahmoud Zahioua, Toumi Ben Ahmed, Mohamed El Kouach, Bouba ker Bakir et El Aissaoui Chekaï.

Années 1950 — La coordination avec la résistance algérienne

Il joua un rôle central dans la coordination entre les cellules de résistance et la direction du Néo-Destour, contribuant aussi à établir le lien entre résistants tunisiens et leurs frères de la résistance algérienne.

Début des années 1970 — Le décès

Le militant Belhassen Jrad s'éteignit à Tunis, au terme d'un parcours dense de lutte et de sacrifice pour la liberté et l'indépendance de la Tunisie, laissant un nom qui mérite d'être restitué à la mémoire nationale.

« Je n'avais d'autre responsabilité que le trouble et le travail partisan. »

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Belhassen Jrad