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الجمعة، 22 أغسطس 2025

Mohamed Ben Abdallah Jrad

Personnalités et militants
Mohamed Ben Abdallah Jrad
Mohamed Ben Abdallah Jrad — figure du mouvement national à El Métouia

Mohamed Ben Abdallah Jrad

Le militant qui gifla le Premier ministre en public
Introduction

La ville d'El Métouia compte de nombreuses figures nationalistes ayant contribué à la résistance contre le colonialisme français, dont plusieurs sont restées méconnues malgré les sacrifices consentis. Le militant Mohamed Ben Abdallah Jrad est l'un de ces hommes dont le nom reste attaché à l'action nationale de terrain, célèbre pour son audace dans l'une des actions les plus symboliques visant les figures du pouvoir favorables au colonialisme, lorsqu'il gifla le Premier ministre Mustapha Kaak devant le Bey, dans la mosquée Sahib Ettabaa.

Jeunesse et engagement dans le mouvement national

Mohamed Ben Abdallah Jrad naquit à El Métouia en 1922, dans une famille destourienne connue pour sa fidélité au mouvement national. Il n'avait pas encore quatorze ans lorsqu'il assuma la fonction de secrétaire général de la Jeunesse destourienne d'El Métouia, témoignant de sa place précoce au sein de l'organisation du parti.

Il participa aux différents mouvements nationalistes qu'a connus la région, prenant part aux événements d'avril 1938 qui s'étendirent jusqu'à El Métouia, ainsi qu'aux manifestations organisées par les destouriens pour protester contre l'arrestation et l'exil vers le sud des dirigeants nationalistes.

Arrestations et travail forcé

Durant la Seconde Guerre mondiale, il fut arrêté une première fois après avoir coupé une ligne téléphonique dans le cadre de la résistance aux autorités d'occupation. Après sa libération, il s'installa à Tunis, où il tint un étal au marché de Sidi Bhar, tout en poursuivant son activité politique.

En 1942, il participa à la marche menée par le syndicaliste Mohamed Ghannouchi vers le palais du Bey à La Marsa, pour réclamer la libération des nationalistes emprisonnés.

Il retourna à El Métouia en 1943, où il fut arrêté avec plusieurs destouriens et purgea un mois de prison, avant d'être contraint d'effectuer sept mois de travail forcé (le « corvée ») au service de l'armée britannique, accusé de collaboration avec les forces de l'Axe.

Après que la France eut repris le contrôle de la Tunisie en mai 1943, il retourna dans la capitale et reprit son activité au sein du parti, participant aux réunions clandestines, à la distribution de tracts et à l'écriture de slogans nationalistes sur les murs.

Volontaire pour la Palestine

En 1948, Mohamed Jrad rejoignit les volontaires tunisiens désireux de combattre pour la défense de la Palestine. Mais le groupe fut arrêté à Marsa Matrouh, à la frontière égypto-libyenne, et empêché de poursuivre son voyage ; il dut regagner la Tunisie sans avoir atteint la Palestine.

Une gifle qui ébranla le pouvoir

Mohamed Jrad militait dans la capitale sous la direction du militant Belhassen Jrad. À cette époque, la direction du Néo-Destour décida de « corriger » le Premier ministre Mustapha Kaak, considéré par le mouvement national comme un symbole de collaboration avec les autorités du protectorat français, après qu'il eut accepté la présidence du gouvernement suite à la destitution du bey Moncef.

Mohamed Jrad se porta volontaire pour exécuter l'action, choisie pour la nuit de la Khatma du Coran, durant le mois de Ramadan, à la mosquée Sahib Ettabaa, où le Bey et les membres de son gouvernement avaient l'habitude d'assister à la cérémonie.

Mohamed Jrad raconte lui-même les détails de l'incident :

« Lorsque le Bey arriva devant la mosquée, nous entendîmes des cris : « À bas Kaak !»... Le Bey et sa suite montèrent les marches et passèrent devant la rangée ; quand le Premier ministre arriva devant moi, je me suis avancé vers lui et l'ai frappé des deux mains, si bien qu'il tomba devant le Bey, puis je l'ai atteint au visage de la main gauche. »

Cette action eut un grand retentissement dans les milieux nationalistes, et devint l'un des actes symboliques les plus célèbres visant l'une des figures les plus marquantes du pouvoir favorable au colonialisme.

Le procès

Mohamed Jrad fut arrêté et déféré devant le tribunal français, où le secrétaire général du Néo-Destour, Salah Ben Youssef, assura personnellement sa défense. Le militant Salah Eddine El Hawaoui, qui avait scandé le slogan « À bas Kaak » dans la mosquée, fut jugé avec lui.

Ils furent condamnés tous deux à une courte peine de prison en tant que prisonniers politiques, avant d'être libérés.

La poursuite du combat

À sa sortie de prison, Mohamed Jrad poursuivit son activité nationale, et fut de ceux que le parti surnommait les « hommes aux muscles noués » — les militants chargés de protéger les réunions, de sécuriser les marches et d'exécuter les missions organisationnelles confiées par la direction du parti.

Conclusion

Mohamed Ben Abdallah Jrad incarne la figure du militant populaire qui crut en sa cause, endurant l'arrestation, le travail forcé et le procès pour l'indépendance de la Tunisie. Son parcours demeure une part de la mémoire nationale d'El Métouia, et les nouvelles générations ont le droit de connaître ces figures qui ont contribué à faire l'histoire du pays, afin qu'elles ne tombent pas dans l'oubli.

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Mohamed Ben Abdallah Jrad